Colloquium "Cityscapes - Literary Escapes" / "Urbanités littéraires"
Abstracts / Résumés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anne Quinney    The University of Mississippi

   
"Flâneurs, Clochards and the Social Geography of Paris"

Loitering in the city, when raised to the level of art, is known as flânerie. French writers from Villon to Baudelaire have aestheticized the activity of walking aimlessly through the crowded streets of Paris, commenting on the spectacle of the moment, painting a portrait of modem urban life in words, in turn transforming what was an instant of public observation into a philosophical reflection on the private self. Their poems and essays recommend loitering and wandering over the professional responsibilities that attend the confinements of a bourgeois career. Yet there are those other errant subjects of the city who have no choice but to loll about the banks of the Seine, pestering the passersby, and generally adding a rather dubious shade of gray to the palette of the landscape. They are the characters like Boudu in Jean Renoir's Boudu sauvé des eaux, who draw a crowd more than they are drawn to the crowd as they throw themselves off a bridge or are discovered on a bench one winter morning. Boudu emblematized the more than ten thousand clochards who lived in the city's parks or under its bridges in the 1930s. Michel Simon's portrayal of the ragged tramp brought the social problem of poverty and homelessness to public attention in ways that revealed a new face of Baudelaire's flâneur. No longer the dandy, but the destitute and talentless tramp haunts the streets of Paris and his presence is a poignant reminder of the discrepancies of wealth and power, education and social class, privilege and location, that have always defined each of the capital's twenty arrondissements. This paper presentation will examine the literary and cinematic characterization of the Parisian flâneur from the perspective of class from the nineteenth century to the mid­twentieth century. The comparison between Appolinaire's Le flâneur des deux rives, Leon-Paul Fargue's Le Piéton de Paris, Baudelaire's dandy, and Renoir's tramp illustrates the different ways to know the city. Knowledge of the city from below, as it were, as opposed to a knowledge of the capital from above, that is, when one has capital, economic and social, renders two disparate portraits of the same place. Just as the observer becomes the observed in literature by the flâneur, the reader and spectator cannot escape their own anxieties surrounding those less desirable elements of the urban tableau.

Caroline Ziolko     Ecole des Beaux-Arts de Montpellier  
"Ecrire la ville -- Marseille, vu par Jean-Claude Izzo, 1945-2000"

En flâneur émérite, en journaliste partisan, en résident d'adoption de la deuxième génération, Jean-Claude Izzo a retracé le profil de Marseille entre fiction et réalité à la lumière d'un éclairage naturaliste très contemporain.  Les déambulations urbaines de ses personnages sont rythmées d'airs de jazz, de sirènes de bateaux et de bruits de verres de Pastis. La fiction se superpose à l'actualité et aux luttes au jour le jour pour préserver, au-delà de ce qui fut hier la Porte de l'Orient, une fenêtre sur un quotidien atypique, multiethnique et décalé, entre Europe, Afrique et, au delà du port, vers un ailleurs inscrit dans la configuration des lieux et des constructions, et dans les noms des rues comme dans la mémoires des hommes. A l'instar de New-York, Londres, ou Amsterdam, Marseille a stimulé l'imagination de nombreux écrivains. Cette analyse repère et identifie, in situ, les lieux et l'imaginaire des lieux retenus par Jean-Claude Izzo dans Total Kheops (1995) comme toile de fond des péripéties de Fabio Moniale, un flic déclassé évoluant dans le paysage urbain marseillais Cette trilogie marseillaise a été rééditée par les Editions Gallimard, Série Noire, Folio, 2001. Partant de la cartographie des lieux mentionnés dans Tota/ Kneops, un inventaire des sites, constructions publiques et privées, rues, quais, places publiques est entrepris pour identifier l'image et le profil urbain tracés, par Izzo, pour Marseille, via la littérature contemporaine, et préciser, en termes d'occupation urbaine mais aussi humaine, les caractéristiques de l'identité de la cité phocéenne contemporaine qui émerge de cette fiction.

Aurore Van de Winkel     Université Catholique de Louvain  
"La ville mise en récit : le cas des légendes urbaines "

Plongés majoritairement dans un environnement urbain et en contact de manière croissante avec des organisations assurant des fonctions autrefois prises en charge par la famille ou le voisinage, les individus se retrouvent dans un anonymat étiolant les relations intimes qu'ils entretenaient avec leur communauté d'origine. La ville est un lieu où se côtoient un grand nombre de personnes dans des endroits restreints. Chaque communauté y amène sa culture et ses symboles et se mêle aux autres. Dans ce contexte, l'identité de l'individu résulte de formes d'appartenances multiples et parfois contradictoires, influencées par le décor urbain et l'ensemble des pratiques et représentations que ce dernier instaure. Abordant les paniques alimentaires, techno-peurs, violences urbaines, relations sexuelles, rapports avec la nature, etc. reflétant ainsi les préoccupations de la société occidentale actuelle, les légendes urbaines sont créées, diffusées et débattues principalement dans cet environnement. Ces récits placent leur intrigue dans les espaces publics quotidiens, les lieux de passage ou les itinéraires personnels culturellement appropriés par les individus et dans lesquels ils sont pris au piège d'une sociabilité forcée avec d'autres communautés. L'analyse sémio-pragmatique de centaines de légendes, étudiées telles qu'elles ont été transmises par ceux croyant en leur véracité, a dévoilé comment en contribuant à la création d'un sens commun, d'une identité et au renforcement de la cohésion sociale, ces récits influencent les représentations, les comportements et les actes de leurs diffuseurs et leur permettent également d'entrer en contact avec les leurs dans ce contexte d'urbanité. Présentés comme des faits divers alors que leur véracité est douteuse, ces récits relatent des événements inhabituels - drôles, effrayants, déviants ou dégoûtants - arrivés à un anonyme. Ils préviennent de dangers, interdisent ou condamnent des comportements, permettent l'appropriation de la satisfaction d'un acte réprouvé ou justifié mais téméraire, ou encore informent de l'existence de l'irrationnel dans ce quotidien.

John Culbert     Scripps College            
"Boudjedra's Paris"

Rachid Boudjedra's 1975 novel, Topographie idéale pour une agression caracterisée, relates the nightmarish journey of an Algerian immigrant in the Paris metro. Drawing on a host of literary precursors, including James Joyce's Ulysses and Robbe-Grillet's lnstantanés, Boudjedra defamiliarizes the space of the city through the eyes of his wandering character, fresh off the boat from Algiers. The novel graphically captures the atmosphere of anti-Algerian attacks of 1973-74 in Paris and captures the mood of economic crisis of the early 1970's. My paper draws on recent literature on urban spatial segregation and social housing policy to show how the novel's inquiry into space and insecurity anticipates the urban crises that have exploded in recent years. Paris, I argue, is haunted by colonial history, and Boudjedra's nameless protagonist, who is killed in a racially-motivated crime, strikingly captures the ghosts of the colonial past haunting the familiar spaces of the métropole. This paper draws on a chapter of my book, "Paralyses," forthcoming from the University of Nebraska Press (2010).

David Castillo  University at Buffalo

"Landscapes to Cityscapes in the Society of the Spectacle"

 

In the early modern period the word theater acquired new connotations that brought it closer to the emerging notion of landscape. Beyond the architectural meaning of a playhouse and the performances staged in it, the term theater came to designate what Dennis Cosgrove has called a conspectus: “a place, region, or text in which phenomena would be unified for public understanding.” I take this notion as my starting point in exploring the link between landscape and spectacle in mass-oriented artifacts going back to baroque theater and forward to the products of our own society of the spectacle.

 

 

Steve Puig     CUNY               

"Enfermés dehors" : représentation de la banlieue dans les romans de Rachid Djaïdani"

 

Depuis les émeutes qui ont agité la France en Novembre 2005, bon nombre de romans dits « urbains» ont été publiés par de jeunes écrivains, pour la plupart issus de la banlieue parisienne. Ces romans mettent en scène des personnages habités par un sentiment de malaise, lié de manière intrinsèque à l'architecture urbaine, ou plutôt périurbaine, des cités HLM qui leur servent de décors.

La banlieue fut autrefois un lieu de flânerie ou de promenade à vélo le dimanche pour certains écrivains comme Blaise Cendrars (la banlieue de Paris, 1966), mais force est de constater que ce sentiment disparait dans les années 70, comme dans le roman Tristes Banlieues de Walter Prévost (1978). Dans son roman Boumkœur, paru en 2000, Rachid Djaïdani décrit le parcours de Yaz, un jeune homme également déprimé par un quotidien mêlant ennui et frustration, dans une cité « où les tours sont tellement hautes que le ciel semble avoir disparu» (Boumkœur 9). Les deux romans suivants, Mon nerf(2004) et Viscéral (2006) abordent également ce rapport difficile entre l'architecture de ces banlieues et ses habitants, d'où ressort un sentiment de malaise, voire de rejet total d'un territoire jugé impraticable.

Le but de ma communication sera donc de retracer un bref parcours de quelques représentations du périurbain dans la littérature, en insistant sur la façon dont sont pratiqués ces espaces (à travers la flânerie, la promenade en vélo, etc.) puis de me concentrer sur la littérature urbaine de ces dernières années, et de montrer, à travers l'exemple des romans de Rachid Djaïdani, comment ces romans urbains rendent ces pratiques obsolète et laissent place à un sentiment d'enfermement, de claustrophobie, menant au mal-être physique et moral des personnages.

 

Simon Harel   Université du Québec à Montréal

"Laisser-aller: l'itinérance et l'espace contraint dans L'Homme-boîte de Kobo Abe et City of Forgetting de Robert Majzels"

 

À partir d'une réflexion sur les formes de l'espace public (son aménagement, son architecture), nous soumettons l'hypothèse que les lieux communs (de la vie civique: ainsi, les squares et jardins) sont peu à peu mis de côté au profit des aspects spectaculaires de la festivité citoyenne (du Parc des Festivals de Montréal aux aménagements pompeux et grandiloquents de lieux de réjouissance et de spectacle au cœur des 'métropoles culturelles'). À partir d'exemples provenant des activités de l'ATSA (Action terroriste socialement acceptable) qui intervient à Montréal, sur le front de l'itinérance, principalement au Square Émilie-Gamelin, et qui privilégie la mise en valeur de la culture d'en-bas ('culture from below'), celle du centre-ville ou du 'downtown' en déshérence, nous entendons mettre en relief l'habitus qu'est le laisser-aller, une façon d'être en marge, à la dérive, en somme un acte qui conteste - passivement? - les us et coutumes d'espaces publics aux usages normatifs.
Nous ferons appel aux romans de Kobe et de Majzels qui se situent respectivement à Tokyo et à Montréal afin de mieux cerner les formes diverses de ce laisser-aller propre à l'itinérance (de l'invisibilité de l'homme-boîte aux figures entrecroisées et (ré) incarnées de Paul de Chomedy et de Le Corbusier chez Majzels) .

 

Jan Baetens   Katholieke Universiteit Leuven         
"Bruxelles : une forme culturelle médiatique"

 

La littérature belge s'est longtemps caractérisée par la « débelgicisation » de ses sujets. En raison de l'importance du centre français qui condamnait cette production littéraire à n'être qu'une littérature doublement « marginale », à la fois produite en marge du centre et produisant des œuvres elles-mêmes marginales, les créateurs les plus ambitieux -qu'il s'agisse de poètes ou d'inventeurs de la bande dessinée- se sont efforcés pendant de longues décennies de gommer autant que possible toute référence locale ou régionale de leur travail. Lorsque vers 1980, pour des raisons tant internes qu'externes (notamment l'instauration de l'état fédéral et l'expansion des institutions européennes) la littérature belge de langue française commence à réclamer une certaine indépendance par rapport au modèle franco­parisien, cette mutation se note aussi au niveau des représentés. C'est ainsi que Bruxelles devient un « sujet» littéraire important. La représentation de la ville est cependant tout sauf homogène. La manière dont Bruxelles apparaît dans les représentations littéraires des vingt ou trente dernières années ne dépend pas seulement, en effet, du contexte politique et historique des œuvres en question, mais aussi du médium utilisé ou, plus exactement, de la « forme culturelle» (cultural practice, au sens de Raymond Williams et des études culturelles) dont la ville fait partie. Le niveau thématique (le « sujet» de la représentation), la matière de l'expression (les «signes» matériels utilisés) et la vie sociale du mode de représentation concerné (les « attentes» comme l' « expérience» médiatiques des auteurs et des lecteurs) s'allient pour rendre possibles ou au contraire empêcher ou décourager certaines formes de représentation. Pour analyser les échanges entre les divers aspects de la représentation de la ville de Bruxelles en tant que forme culturelle, on s'appuie ici sur un corpus plurimédiatique, avec des exemples empruntés à la poésie (Pocket Plan de Rossano Rosi), à la litérature de voyage (Villes enfuies de Benoit Peeters),au roman-photo (Fugues et Droit de regards de Marie-Françoise Plissart) et à la bande dessinée (Le Réseau Madou de Goffin-Rivière).

 

Daniel Laforest   University of  Alberta            
"Les métaphores trans-américaines de la banlieue littéraire au Québec"

Un nombre étonnant de romans québécois ont récemment mis en scène le modèle des « parcs» banlieusards d'après-guerre. Cela constitue l'arrivée à maturité probable d'une génération d'écrivains ayant expérimenté ce régime de vie urbaine statistiquement majoritaire au Québec depuis environ 1965. Mais cela représente aussi une rupture au sein de la modernité littéraire québécoise dont la figure dominante reste la ville centralisée et cosmopolite. Deux romans très remarqués se démarquent: La sœur de Judith de Lise Tremblay (2007) et Le Ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis (2008). Chacun narre les années de formation, durant les décennies 1960 ou 1970, d'un sujet dont la difficile construction de soi est reflétée par une situation périurbaine vécue de façon tout aussi conflictuelle. Qui plus est, l'un se déroule autour de la ville excentrée de Chicoutimi au Québec, alors que l'autre prend place au Michigan. Ces romans que l'on juge ici emblématiques ne se contentent pas de revisiter un épisode du passé urbain. Ils réécrivent, dans une perspective trans-américaine, le vivre suburbain qui a été largement laissé pour compte dans le panorama des lettres québécoises. Mon objectif est de mesurer les moyens mis en œuvre dans ces récits afin de réinscrire la banlieue dans une histoire littéraire qui lui a été particulièrement hostile. En effet, la banlieue au Canada est perçue fréquemment comme simple décor, ou comme repoussoir (Richard Harris: 2004), ce qui tend à faire l'impasse sur son historicité. Or c'est cette historicité qui importe ici, en tant que ressort aussi bien littéraire qu'urbanistique. Comment la pensée du développement suburbain plutôt que de la banlieue ---d'un processus plutôt que d'un espace défini- se traduit .. elle dans le devenir d'un sujet romanesque chez Lise Tremblay et Catherine Mavrikakis? On verra que chaque roman offre des métaphores neuves du vivre urbain dont la valeur s'éclaire dans un rapprochement avec deux figures propres aux histoires culturelles de la banlieue nord-américaine: le borderland chez John Stilgoe, et la growth machine chez Dolores Hayden.

Henry Sussman  Yale University          
"The Bicolumnar architecture of Glas"

[TBA]

Michel Clavel  Writer, Publicist  - Paris        
"L'écriture du trafic urbain à travers deux textes de création"

 

Paris en cube décrit 54 scènes parisiennes, l'écriture de chacune s'imbriquant dans celle des autres. Paris en cube est un texte écrit dans l'espace, non pas sur une feuille de papier mais sur un volume, un cube, permettant d'échapper à la lecture séquentielle qu'impose la mise en page (que l'on lit de gauche à droite et de haut en bas) pour offrir une multitude de parcours possibles. Paris en cube est joint à ce mail. Je pourrais présenter l'objet, lire les textes et serais enthousiaste à l'idée d'en développer avec vous une version électronique dynamique si cela vous intéresse.    

                                                   

Anne Lesley Selcer    Simon Fraser University      

"City and Text : Some Context for Lisa Robertson's Office of Soft Architecture"

 

Poet Lisa Robertson's Office for Soft Architecture is stretched between these points: the physical changes to the urban space of Vancouver, British Columbia which were crystallizing millennial economic global flows into a remake of its urban structure as the texts were being written, and a spate of post-structuralist theoretical texts which, around the same time were seeking to undo the structural philosophies of Modernism. Robertson's collection of experimental essays, written under the guise of an architecture office, pulls from Baudelaire, Benjamin, De Certeau, Le Corbusier, Calvino, and perhaps most primarily from Rem Koolhaas and his similarly named Office for Metropolitan Architecture. Robertson's "soft architect" though moves through the city as a wansermasser, navigating by something other than sight-feeling her way-not her so much with her emotions as much as with her hands. Robertson offers a material, tactile reading of the city, rife with the sensory, corporeal and concrete, counter to Le Corbusier's "Modem hierarchic architecture, [which is] 'brutal and objective,' 'clean and hard' has nothing to do with decoration: it is 'naked fact' bringing into play 'the highest faculties by its very abstraction'" (Hooper 60). So the "authority" Robertson borrows by way of the architect conceit must be understood as anti-panoptic, like the inhabitation and detournement of the texts it reworks. The Office for Soft Architecture does not as much posit an alternate structure as seeks out the spaces of movement in what seems inflexible-spaces where transformation lives, manifested in sites around the city such as scaffolding and blackberry overgrowth. Like all art and writing that is described as "postmodern" it does not exist independently of it what it suffixes. The Office for Soft Architecture's singular contribution is a reconceptualization of this work as "peri-modem," reorienting it spatially rather than temporally.

 

Laura Chiesa     University at Buffalo        
"Experiencing and Plotting Architectures"

 

In this presentation I will look at some theoretical and built projects by the contemporary architect Bernard Tschumi who in the mid-’70s started to question space, the built environment, and the experience of both, setting the stable ground of architecture into motion with fleeting literary, theatrical and cinematic aspects. Tschumi’s first steps in the architectural scene were open to international neo-avant-garde architectural experimentations (from the late ‘50s to the early ‘70s), while also consistently forcing architecture toward movement and experience. I will first look at Yona Friedman’s experimentations of the “Mobile Spatial City,” contrasting it with the immobile experimentations by Italian architectural groups Superstudio and Archizoom. (I will briefly touch upon Superstudio’s experimental inter-medial projects that try to negate the architectural megastructural project and Archizoom’s criticism of the space of production in their graphical “No-Stop City”).  If on the one hand Tschumi is challenged by such experimentations, on the other he uses his projects to translate literary texts (Joyce, Calvino, Borges, Perec), Italian Futurist experimentations in theater, and the cinematic discretization of movement in spaces. How do these distracted connections to the literary act within his projects? I will look at some of Tschumi’s built projects to flesh out the way he breaks down complex and intermingled architecture cityscapes.

 

Loss Pequeño Glazier University at Buffalo

" Guaniquiqui" 

 

"Guaniquiqui" is an exploration of the play of languages, whether Cuban and African languages, Cuban and colonial Spanish, or Cuban and English. It explores the cultural landscape through a quiet insistence on detail, the play of colors and light, simple observations, cultural intuition, economic realities, and the crumbling architecture of old Havana. How does a culture synthesize so much of the American past and, though isolated, insist on a real presence in the present world? Through this process, with a focus on the material nature of language, "Guaniquiqui" hopes to present a way to see the world, the post-colonial and politically alternative, that both enriches and informs our understanding of human being in a difficult, but expressively rich, present age. This performance/reading will explore such themes, opening doors to this often-inaccessible culture through poetic practice, expressive utterances, and the unspoken views of passing observations.

 

Domenic A. Beneventi   CELAT - UQAM                

"Poverty on the Peripheries : Writing Homeless Space"

 

In Geographies of Exclusion, Sibley argues that the poor have always been equated with the "residues" of industrial production, particularly since the 19th century, where the dirty environments in which they toiled tainted their bodies and social status. The desire to keep the poor at ann's length in urban slums constitute a "geography of containment" that reveals as much about the ruling class' anxieties about physical and moral pollution as it does about the poor themselves. If discourses of nation are enmeshed within the literary, social, and political inscription of bodies, then the historical disavowal of the poor and the spaces in which they dwell reveals the exclusionary practices that operate in the construction of a Canadian spatial imaginary.

This paper proposes to discuss the peripheral spaces of extreme poverty. How do the homeless represent the abject spaces to which they have been relegated? Beginning with a discussion of the "tramp narratives" of the 1930's, where hobo jungles, trains, soup kitchens, and boarding rooms are figured as spaces of transition, resistance, and refuge, I will move on to a discussion of contemporary fictionalization of homeless embodiment in alleyways, door stoops, abandoned squats, silos, and in underground spaces, in the city. While exposure in these peripheral spaces physically transform the homeless body, rendering it unrecognizable, even grotesque, they are also spaces of hiding, protection and "escape" from violence and social stigma. Among the texts to be considered are J.B. Vaughn's The Wandering Years (1975), Hugh Gamer's Cabbagetown (1968), Andrew Roddan's Vancouver's Hoboes (1948), Shaughnessy Bishop-Stall's Down to This:

Squalor and Splendour in a Big-City Shantytown, and Anthony Aparkak's Skid Row Eskimo (1976). These narratives work in a "subterranean manner," to undermine the hegemonic spatial constructions of both city and nation.

 

 

Anna Botta   Smith College                  

"Staying Native : Homebound Anthropologists in Paris"

 

Roissy Express. A Journey Through the Paris Suburbs is the journal of a trip through the Paris suburbs undertaken in 1989 by the writer Francois Maspero and the photographer Anaik Frantz. During an entire month, the two travel on the commuter rail system, spending one day at each of the stations of the B line. The aim of their unusual journey is to explore the terrain vague of the Parisian banlieue, a zone where two million people live separated by invisible borders from the capital. A few years later, another Parisian, Marc Auge would advocate "an anthropology of proximity"; for Auge, it is possible "to conduct ethnological research chez soi in the same way it had been done chez I 'autre. " Having moved from Africa to the Paris metro, airport, freeways, his A Sense for the Other Auge offers an interrogation of the proper place for ethnography, of the sense for - rather than of - the other and of the spatial practices of Western postmodernity. Like traditional ethnographers, Francois Maspero and Anaik Frantz have a sense of mission. Maspero writes: "Mission and missionary mean many things, including 'we are going where the savages are.'""Les sauvageons," in the term coined by the sociologist Azouz Begag, are for the diverse groups of immigrants, some long settled, some more recent, all living together in overcrowded conditions on the outskirts of the big city and all traveling together on the underground. My paper intends to explore the challenges and contradictions met by the new ethnography "du chez soi" as exemplified in the above works. In his book, Maspero disclaims that he and Anaik Frantz are "wide-eyed tourists". Yet, as Mireille Rosello has shown us, the similarities between a well-informed critical stance and the tourist's "comparative gland"are deeper than we might like to think.

 

Roxanne Rimstead   Université de Sherbrooke              

"The Ethics and Epistemology of 'Sluming' : Notes  on Seing and Constructing the Other  in Reportage and Slum Novels"

 

 

Originally in the early stages of industrialization, "descending" into the slums to see and know the inhabitants was a way to gain knowledge about an emergent urbanized culture. The market for these stories in daily newspapers and as best-selling books indicated a hunger for knowing the other, but also for knowing the bourgeois self through contact with the class other, and for fixing the place of both bourgeois self and poor other in terms of distance, a distance which would preserve the privilege of one community and the abjectness of the other. As Seth Koven argues in Slumming: Sexual and Social Politics in Victorian England (Princeton D.P. 2004), the paradox of "slumming," in terms of both class tourism and anthropological pursuits, was that it ostensibly sent journalists and do-gooders into the slum for the purpose of witnessing social injustice and righting it, but in many cases the descent itself also represented a form of freedom for many of these bourgeois subjects who then used the anonymity of the slum to explore their own "deviant" or at least marginal sexual appetites. The pursuit of social knowledge was often transformed into self-knowledge of the bourgeois subject and sexual knowledge of the class other. Koven documents how the danger of this body knowledge in the context of Victorian London constituted a type of adventure that led to frissons or thrills that were communicated, often in the form of reportage, in the daily newspapers with coded reference to sexual adventure and scandal beneath the surface discourse of philanthropy. It could be argued, however, that Koven's own study of slumming itself markets the racier side of seeing and constructing the other, since the subtitle of his book is on sexuality, a more alluring topic than slumming alone would be, particularly in these times when consensus for social reform and social welfare is crumbling in North America. In this paper, I would like to posit a radical use of the knowledge of slumming in our approach to reading slum literature. Instead of fixing difference between class tourists and ragged people, radical reading strategies would interrogate and historicize the links between them. Such reading  strategies would use raggedness, dirt, and need (knowledge from below) to question the cultural hegemony of a society that merely tolerates and marginalizes the poor. In some cases, the poor can be seen appropriating the hierarchical form of slumming as a thrilling descent into the underworld to protest being fixed in this way as monstrous and voiceless subjects from below. In others, poor subjects internalize and reproduce the ideology of difference by staging a "poor me" in the cityscape. With reference to key works of contemporary and modern prose in Canadian Literature, both novelistic and journalistic (for example, by Heather O'Neil, Janet Wong, Alan Mettrick, Gabrielle Roy, Roger Lemelin, Hugh Garner, and Juan Butler), I propose a discussion of the ethical and epistemological implications of seeing and constructing the Other in reportage and slum novels in both the texts themselves and the radical reading practices we may cultivate to decode the texts.

 

 

Christophe Reig  Université de Paris III            
"Viles Villes -- L'urbanité amputée de Régis Jauffret"

Clémence Picot (1999) ou Microfictions (2007) suscitent la déflagration du sens en projetant l'infiniment petit contre l'extrêmement grand. Formellement, puisque dans ce gros volume sont rassemblés cinq-cents textes autonomes de deux pages chacun. Thématiquement ensuite, tant ces narrations denses et parfois cruelles, sans autre classement qu'un ordre alphabétique hérité du titre, s'inscrivent dans une logique de la jouissance transgressive. Les textes de Jauffret déchirent ainsi le voile, parfois ouaté, de l'espace urbain, offrant un monde urbain émietté, regardant la ville depuis le très-bas. Tantôt bouillante [« La ville est un ventre chaud où nous pouvons continuer à vivre au milieu d'un brouhaha qui nous rappelle avec délice la rumeur des organes de notre mère à l'époque où nous étions encore plongés dans le liquide amniotique (Il, 39) ») parfois glacée, lieu du conflit généralisé, de la prédation, l'écriture en suit les lignes, travaillée par un ça pulsionnel et comiquement déstabilisateur. Sin city, donc, la ville se veut le théâtre de la poursuite de la guerre larvée que décrit E. Goffman de tous contre tous. Elle « précipite » chimiquement l'écriture, vers sa fin comme elle écrase ses enfants contre le bitume dont ils semblent issus.

Charles L. Davis II  University of North Carolina  & Jeehyun Lim  University of Pennsylvania  
"Reading the Spatio-Literary Imagination to Interpret        

the Black-Korean Conflicts of New York City"

The boycott of two Korean grocers in Flatbush, New York in 1990 by Black nationalist, Haitian, and Caribbean activists, otherwise known as the Red Apple Boycott, has acquired iconic status in the urban mythology surrounding the Black-Korean conflict. Sociological studies have examined the interracial relations between Blacks and Koreans since the media coverage of the 1992 L.A. riots, documenting these tensions as the result of conflicts between the "middlemen minority" and the "dispossessed." Of these studies, the political scientist Claire Jean Kim's Bitter Fruit argued that one must situate such conflicts within the social and historical context of racial ordering in the U.S. As students of architecture and literature respectively, we propose to examine the Black-Korean conflict in New York through a spatio-literary imaginary to provide a qualitative reading of the conflict that has not yet been produced. We look to the racially charged spaces of New York depicted in Chang-rae Lee's Native Speaker (1995) and read these spaces alongside the findings of urban geographers, city planners, and urban designers. The complexity of New York City's spatial organization is partially reflected by the mapping techniques of urban geographers that identify regions of overlap between ethnic populations. The spatial dynamics of overlapping ethnic enclaves is also in concert with sociological studies of New York's neighborhoods which reveal a continuity of non­black ownership where an ethnic succession of small businesses is typically rendered as a transition of proprietorship from Italians to Koreans. Reading the spatio-literary imaginary that Chang-rae Lee produces in a novel written a few years after the heavy media coverage of the Black-Korean conflict shows that the binary of the Black-Korean conflict in the media representation falls short of explaining the ways in which ethnic enclaves overlap and share space in New York City.

Adelaide Russo    Louisiana State University            

"What Have Our Cities Become? Michel Deguy's Reflections on the Changing Urban Landscape"

In the 1980's Michel Deguy contributed two essays on the city to special issues of J-B Pontalis's journal Le Temps de la riflexion. The first in 1987, "La vraie ville est absente" (The true city is absent) is included in a volume devoted to "La Ville inquiete" which also contains essays by Jean-Luc Nancy, Paul Virilio, Sylviane Agacinski and Jean-Christophe Bailly as well as a presentation in verse by Jacques Reda. The second, "Allées et venues avec vues sur le rnonde," (Comings and Goings with views on the world) appears in the 1989 volume of the journal devoted to "Le Monde". Deguy is this second essay is much more concerned with the ethical question of living together. In my presentation I will compare Deguy's 1980 visions of lived environments comparing them with the positions expressed by the other contributors enumerated above and with more recent ironic treatments of shared urban space as they are presented in his 2001 volume of prose poems Le Spleen de Paris and his 2007 essay "La Destruction of Paris" (Les Temps modernes, n° 642).

Steve McCaffery University at Buffalo

"White Pages: an Oulipean Portrait of Buffalo's Citizens".

 

"White Pages" détournes the alphabetized names of Buffalo’s telephone directory into a symphonic, systematic sound poem. Inspired by Rabelais’ obsessive listings and Sartre’s notion of serial collectivity, it offers a portrait of a city in a catena of nominations evoking both its sinister as well as felicitous ramifications.

 

Bénédicte Gorrillot    Université de Valenciennes    

"La 'géographie pathétique' urbaine de Christian Prigent"

 

La ville semble omniprésente, dans l'œuvre de Christian Prigent. La ville? il faudrait plutôt dire « les villes ». Saint-Brieuc, par une photographie de son « Saint-Chiot », surplombe l'incipit d'Oeuf Glotte, paru en 1978. En 1981, l'auteur compose les pages de «Voyage en Italie» mettant en scène Rome, Pompéi .... Rome, par les « Jardins de la Villa Médicis », inspire à nouveau un texte de 1984, «Paysage avec vol d'oiseaux ». Le premier livre paru chez POL en 1989, Commencement, est hanté par la présence mêlée de Rome (« 13e matin, vision de Rome »), de Berlin, mais aussi de Caen (« 4e matin, vision de Caen ») ou de Saint-Brieuc: ainsi réapparaît le fameux « Saint-Chiot» de la « Cathédrale » Commencement, p.350). En 1999, Prigent dédie un texte à Berlin, où il a séjourné, Berlin, deux temps trois mouvements. Toutefois, les récits plus récents, parus chez POL, Une Phrase pour ma mère (1996), Grand-Mère Quéquette (2003) ou Demain je meurs (2007) accroissent sensiblement la présence de Saint-Brieuc, ville natale de l'écrivain, qui paraît devenir le théâtre presque exclusif de ses narrations.

Ce rapide parcours invite alors à la prudence: de quoi est-il exactement question chez cet auteur? Est-ce de villes, ou plutôt d'une ville en particulier (Saint-Brieuc) ou même de la Ville, comme paradigme et figure contradictoire d'une façon qu'a le «je» contradictoire d'être-au­monde? Dans Berlin, deux temps trois mouvements, Prigent écrit: « On ne va pas dans les grandes villes pour seulement s'y identifier à la manie activiste des tintamarres, des fureurs, des spectacles éclatants. On y cherche l'inquiétante étrangeté qui passe entre le raffinement civilisé, [ ... ] la circulation sauvage des haines, des ambitions, des conflits sociaux et l'indifférence méditative aux rumeurs du temps, la taciturnité créative protégée des bavardages mondains. On veut la solitude énormément peuplée. ( ... ] On s'y pose donc pour y tremper son âme et son corps à la contradiction inarraisonnable entre dépense trépidante et calcul des rétentions économiques - c'est-à-dire qu'on vient y souffrir et y jouir de cette tension impossible dont se bande la vie. En somme on va renifler, en ville, l'odeur d'humanité» (p. 53-54).

Pas seulement. La ville n'a pas seulement cette fonction classique, depuis le Romantisme (Baudelaire, Verlaine), d'exprimer l'intériorité complexe de l'humain. Héritier de Rimbaud et grand lecteur de ses « Villes» héritier de Ponge et adepte de la tentative «d'expression du monde muet des choses », Prigent s'efforce aussi d'écrire ce monde muet de la ville - la ville natale, en particulier, qui fait naître au monde le moi-je. Il s'efforce de lui inventer une parole, comme il le fait pour le corps vivant, bandant, du moi-je. Il raconte en réalité un échec et une lutte, pour ne « pas faire aussi peu de bruit que le silence » (Ponge). Car il tache, malgré tout, de nommer, par défaut, ce trou dans le langage que laisse la ville, comme le fait le corps, également indicible. Cela explique peut-être pourquoi l'écrivain s'est tant intéressé à Berlin, cette ville « dont le centre était un trou» (Ibid., p. 135).

La ville suscite donc, chez Prigent, une «géographique pathétique» (Demain, je meurs, p. 87). Elle est le cadre, le décor expressif, mais surtout l'horizon d'un parole impossible et le lieu d'une mise en scène, souvent carnavalesque, de cette impossibilité.

 

Emma Hunt   Writer - Toronto      

"Changing Spaces : Post-Apartheid Johannesburg in Literature"

 

This paper looks at representations of post-apartheid Johannesburg in Phaswane Mpe's Welcome to our Hillbrow, Ivan Vladislavic's The Restless Supermarket and The Exploded View, and, more briefly, Nadine Gordimer's The Pickup, Zakes Mda's Heart of Redness, and K. Sello Duiker's The Quiet Violence of Dreams. These texts help us to see Johannesburg's contradictions in a decade in which it has sought to reinvent itself as a globalized "world-class city" at the same time as formerly white spaces have become Africanized by desegregation and a huge influx of foreigners from other African countries. How do writers respond to the complexity of the changing city? Vladislavic' s texts grapple to come to terms with a city that, while it retains elements of apartheid planning, can no longer be described using the old words and genres. Mpe's characters at once celebrate the flow of migrants and cultures after desegregation and lament the corresponding flow of disease and gossip that sunders communities. Gordimer explicitly critiques the global city, where corporate enclaves are cut off from spaces frequented by illegal workers and the unemployed. Like Mpe, Sello Duiker celebrates Johannesburg's polyphony and vibrancy, which he opposes to Cape Town's resistant whiteness. Mda, in contrast, sees merely violence and decadence in Johannesburg and rapidly moves his setting to the countryside, where a debate about globalization and development takes place away from the distractions of the city. These texts, struggling to articulate a new order, suggest that globalization in South Africa has created rapidly shifting spaces of inequality and contradiction starkly different from the clear oppositions of apartheid.

 

 

Sri Mukherjee   Harvard University

 

 

 

" Representing Subcultural London: Two 21st-Century Portraits of Urban British Asian Life"

Zadie Smith's debut novel, White Teeth (2001) and Gurinder's Chadha's hugely popular feature film, Bend It Like Beckham (2002) articulate divergent narratives about the British Asians' contemporary London. While Smith's text has been lauded as a critical unmasking of the hard facts of race relations that predicate the multiculturalism of the metropolis, Chadha's work-though commercially successful and the recipient of several film awards-has been questioned by some reviewers and academic critics as a "neoliberal fantasy" that effaces those harsh realities, as one of the many stylized "performances" of British Asian culture that merely purports to be an authentic representation of urban multicultural "reality." While it might be useful to read the race-related representations of London in these two narratives through the critical binaries of "realistic vs. idealized" or "authentic vs. performative," I will argue how such binaries become untenable if we shift our critical focus to Chadha and Smith's constructions of British Asian community and class issues in the London of today. The strongly present absence of a British Bengali diasporic community sustaining White Teeth's first-generation protagonist testifies to the reality of a certain group of immigrants: those pioneers who arrived in the 1940s while the Empire was extant-long before the mass immigration of Bengalis began in the postcolonial 1960s-and struggled as lonely Londoners in an overwhelmingly white imperial city. Yet equally real is the vibrant presence of the South Asian diaspora in Chadha's Southall: even if we view the central trope of the big fat wedding as a postcolonial performance of sorts, it represents one of those myriad "performed realities" -­ the real-life weddings, pujas, or musical events recurring in London daily -- that enable numerous British Asians to etch their distinctive communal identity onto the cityscape. Likewise, while Smith's construction of Samad's class identity as a struggling waiter may be seen as an authentic critique of London's neocolonial race-based class hierarchy, it also problematically performs an urban immigrant stereotype. On the other hand, we may respond to Chadha's representation of the Bhamras' wealth as a performance of seamless cultural hybridity (in its erasure of the struggles to attain such affluence), but simultaneously as a cinematic manifestation of an authentic shift in the attitudes of British Indians in London who-as analyzed by recent items in The Times, for instance-are moving from being conservative about displaying their wealth to desiring "more and more to show the fruits of their hard work" as claims to equal citizenship. Perhaps what we encounter in each of these narratives are not real vs. ideal scenarios but incomplete realities about the metropolis, signaling a representational crisis of SOlis that may be traced to divergent rhetorical politics regarding representing the city. Together they tell a fuller story of the British Asians' London, a complex, layered cityscape that is impossible to homogenize.

Alain Chevrier   Writer - Rouen    
"Métropoésie"

 

La ville n'est pas seulement prétexte à variations thématiques, mais induit des créations formelles. Parmi ces formes formantes, nous isolerons les poèmes inspirés et modelés par le métro parisien qui sont apparus lors les deux dernières décennies. Nous analyserons des contraintes littérales comme les anagrammes de Michelle Grangaud, et les anagrammes inédites d'auteurs paraoulipiens, qui jouent également avec l'image; des contraintes temporelles comme le « poème de métro» de Jacques Jouet, et ses diverses transpositions; des contraintes sémantiques comme les tentatives de Carl Norac de « photographier avec le langage» les passagers. La critique poétique ne sera pas oubliée avec la démonstration par Jacques Roubaud d'un hypotexte de Zazie dans le métro transformé par la contrainte antonymique. Et nous conclurons sur la place et la signification des poésies affichées dans les rames ou des vers inscrits sur les murs et le sol des stations.

 

 

Sima Godfrey   University of  British Columbia  

"Concrete Poetry"

 

Dans le livre III de Notre Dame de Paris, Hugo réfléchit sur le sort de l'architecture qui, avec l'invention de la machine à imprimer, se fera remplacée par le livre dans l'éducation des masses. Dorénavant, on ne lira plus les porches de la cathédrale, on lira la Bible. Geci tuera cela.  Plutôt que de considérer comment la lecture des livres/de la littérature aurait « tué» la lecture des bâtiments, plutôt que de considérer comment la littérature représente et forme un support pour l'architecture (tel que le fait le roman même de Hugo), je présente deux exemples -les deux de Strasbourg -- de l'architecture qui forme le support pour la littérature, d'une nouvelle forme de lecture publique de textes inscrits «concrètement» sur du béton: Le Pont de l'Europe (orné de 40 poèmes sur le thème du pont, dans 40 langues de l'Europe), et la nouvelle Médiathèque, dont les murs et le sol sont couverts de citations littéraires qui servent, en plus, à signaler de façon astucieuse les diverses fonctions de la médiathèque. Il s'agit donc, d'une réévaluation de l'opposition entre poésie et monument (« exegi monumentum aere perennius »).

 

Sherry Simon  Concordia University

 

 

"Bridges and Gallerias : Language  Negotiation in Trieste"

 

A Habsburg city for some five centuries, Trieste remained culturally Italian. For Italo Svevo and many Triestine writers around 1900, language tensions expressed themselves along the fault lines of intellectual affiliations, of an orientation towards either Mitteleuropean or Italian cultural models. Contemporary critics like Claudio Magris have made the most of the Mitteleuropean connection. This paper will critically examine his thesis, investigating lines of transmission across the city, mapping language connections and disconnections onto the geography of the city.

 

Bernardo Schiavetta, Writer - Psychoanalyst

" Saint Pétersbourg en 4-D"

 

Rêve urbain matérialisé par Pierre le Grand, Saint-Pétersbourg a longtemps fluctué comme les villes des rêves. Elle changea de nom en 1914 pour devenir Petrograd. Elle bascula dans le présent en 1918 lorsque l'antique calendrier julien orthodoxe fut remplacé par le grégorien. Byzance finit son agonie millénaire au Palais d'Hiver. Durant les derniers lustres de la Belle Époque, il se forma à Saint-Pétersbourg quelque vortex spatio-temporel où convergèrent, bien plus qu'ailleurs, un passé récalcitrant et un avenir futuriste. Des artistes d'avant-garde comme Malevitch et des intellectuels théosophes comme Ouspensky ont marché dans ses rues et traversé ses canaux en croyant que leur véritable patrie était une quatrième dimension de l'espace, à peine perceptible mais toute proche, réelle et suprême, suprématiste.

Le roman Daddy DADA, une satire ménippée, décrit dans ses premiers chapitres un Saint­Pétersbourg / Petrograd (1896-1916) dont la perspective Nevski se prolonge dans les supradimensionnalités des occultistes et des avant-gardistes, souvent les mêmes individus; ses personnages improbables, et pourtant historiques en leur majorité, traversent pour rire quelques portes interdites, restées entrebâillées un instant.