Histoire du Québec

Samuel de Champlain fut le premier Européen à installer une colonie au Québec en 1608, sur la rive nord du fleuve St Laurent, près du point de confluence avec la rivière St Charles. Il trouva que la région était riche en animaux idéaux pour le commerce de la fourrure. De nombreux commerçants de fourrure suivirent ensuite ses traces. La colonie s'agrandit rapidement pour devenir le centre administratif de l'Amérique française. De là, d'autres expéditions partirent en amont dans la région aujourd'hui appelée Ontario.

Le reste du siècle fut marqué par les conflits occasionnels avec les Britanniques. Toutefois, vers 1759, les Anglais obtinrent finalement le contrôle de la région. Le gouvernement britannique conclut le "Québec Act" en 1774, assurant la liberté de religion pour la population française et garantissant la survie du Code civil français. Après la Guerre révolutionnaire américaine qui se termina en 1784, la plupart des fidèles à l'Angleterre immigrèrent dans la région du Québec depuis les Etats-Unis. Cet établissement rapide conduisit à une auto-administration. En 1791, la vieille province de Québec fut divisée en Haut et Bas Canada. Le Haut Canada correspond à la région actuelle de l'Ontario. La région du Québec actuelle fut appelée la province du Bas Canada. Presque toute la colonie française s'y réunit. D'inévitables luttes de pouvoir et de position entre les deux groupes linguistiques eurent lieu.

En 1841, le Haut et le Bas Canada furent réunifiés pour former la seule province du Canada. Les délégués de cette province proposèrent en 1864 de former une union fédérale avec toutes les provinces britanniques en Amérique du Nord. Toutes les provinces sauf l'Ile du Prince Edward et Terre-Neuve acceptèrent la proposition. Le 1er juillet 1867, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique créa le Dominion du Canada. Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, l'Ontario et le Québec devinrent les premières provinces du Dominion.

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique garantissait le droit à l'éducation aux deux grands groupes religieux du Canada. Au Québec, la minorité anglophone protestante reçut des fonds provinciaux pour ses écoles. Cependant, les Canadiens francophones ne purent pas utiliser de fonds publics pour leurs écoles françaises catholiques. Cela entraîna de fortes tensions entre les Canadiens anglophones et les Canadiens francophones.

Pendant la Première Guerre mondiale, les relations entre le Québec et les autres provinces se détériorèrent. La plupart des Canadiens français étaient convaincus que les Canadiens britanniques étaient plus intéressés par la défense de l'empire britannique que par le développement de l'aide sociale au Canada. La rupture entre les Canadiens français et les Canadiens britanniques augmenta considérablement lorsque le Canada mobilisa des hommes dans les forces armées en 1917. De nombreux Canadiens anglophones accusèrent le Québec de saboter l'effort de guerre. Les tensions étaient si profondes qu'on émit la possibilité de retrait du Dominion.

Après la guerre, l'industrie au Québec se développa considérablement et eut pour conséquence l'urbanisation. La plupart des Canadiens français n'étaient pas favorables à ce développement car l'industrie était contrôlée par les Canadiens britanniques et par les Américains. Ils craignaient que l'essor des grandes entreprises ne détruisît le mode de vie français. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la production industrielle du Québec tripla presque, en raison des efforts réalisés par la province pour soutenir les forces alliées. Cette croissance économique perdura pendant les années 1950 et 1960.

Dans les années 60, la société québécoise fut bouleversée par la "Révolution Paisible". A cette période, le Québec n'était pas satisfait des programmes sociaux communs fédéraux et provinciaux, ni de la répartition des taxes. Le gouvernement provincial prit le contrôle du système de sécurité sociale, de la santé et de l'éducation, jusqu'alors dirigé par l'Eglise, et développa la création des industries nationalisées afin de renverser la domination financière des anglophones. Cela renforça les sentiments canadiens français parmi certains habitants du Québec. Ce groupe voulait se retirer de la Confédération canadienne et former une nation à part entière.

Depuis les années 60, la lutte interne au Québec se poursuit encore. Le dernier référendum, tenu en 1980, a donné lieu à un vote majoritaire de la province contre l'indépendance. L'issue de ce problème n'est pas encore définie et cette incertitude entraîne un ralentissement des investissements au Québec, causant une influence négative sur l'économie de la province.

Economie

L'industrie manufacturière est la première industrie au Québec et la plus grande source de revenus. La richesse des matières premières et la puissance hydroélectrique de la province ont aidé les industries à se développer. Les usines, les fabriques et les raffineries représentent près du quart de la production industrielle totale du Canada. La plupart de la production québécoise s'effectue dans la région de Montréal, classée au second rang derrière Toronto, premier centre de fabrication du Canada.

L'économie québécoise repose principalement sur la production du bois. Près de la moitié du Québec est recouverte de forêts (elles représentent une zone plus vaste que dans n'importe quelle autre province). L'industrie forestière est la deuxième industrie du pays. La province est le principal producteur de papier d'Amérique du Nord. Elle fournit en outre un cinquième de la production mondiale de papier journal. Les minéraux représentent eux aussi une industrie très importante. La plupart des ressources minérales sont concentrées dans les rochers du Bouclier canadien. L'amiante est la principale production minière du Québec (la province est le plus grand producteur mondial). La province produit près de 80 % de l'amiante canadienne et le tiers du volume mondial. Les plus grands gisements d'amiante connus dans l'hémisphère ouest se trouvent dans les Municipalités de l'est. Le cuivre est également un minéral précieux (le deuxième après l'amiante). La plupart des minerais de cuivre contiennent aussi de l'or et de l'argent. Les autres minéraux principaux sont le fer, le plomb, le nickel, l'aluminium et le zinc.

L'industrie agroalimentaire est une activité importante. Le Québec est la première province en matière de production de fromage. Les autres produits importants comprennent les boissons alcoolisées, le beurre, les légumes en conserve, la farine, le pain, la viande et produits assimilés. La production textile est aussi une industrie importante. Les principaux produits comprennent les articles en fourrure, les chapeaux, les vêtements pour hommes et les manteaux pour femmes. Les autres grandes activités manufacturières comprennent aussi la production d'appareils électriques, de produits chimiques, de métaux de base, de textiles et la métallurgie.

L'agriculture est l'une des activités économiques les moins importantes. Les exploitations agricoles couvrent seulement environ 3 % des terres de cette région. La plupart de ces exploitations sont situées le long du fleuve St Laurent. Le Québec fait partie des premiers producteurs de lait. Environ les trois quarts de la production laitière sont utilisés pour la fabrication de produits tels que le fromage, le beurre et les crèmes glacées. Les agriculteurs de la région de Montréal élèvent de nombreux troupeaux de bœufs, de porcs et de volaille. Ils cultivent quasiment tous aussi des légumes. Les principales récoltes sont celles de la pomme de terre, des haricots, des choux, des carottes, de la salade, des oignons, du maïs et des tomates. La pomme est le fruit le plus important de la province. Elle est principalement cultivée dans la région de Montréal et dans le comté de Missisquoi. Les airelles, les framboises et les fraises y sont aussi cultivées en grande quantité. La plupart des champs de récolte (avoine et foin) servent à nourrir le bétail. Les autres produits cultivés comprennent l'orge, le maïs, le blé et le tabac. Le Québec produit aussi environ 90 % du sirop d'érable, du sucre et de la tire d'érable du pays.

Le Québec possède d'importantes ressources naturelles comprenant de riches sols, de vastes gisements de minéraux, de grandes forêts, une abondante faune sauvage et beaucoup d'eau. Le tourisme est devenu l'une des principales industries.

Environ 80 % des revenus du gouvernement québécois proviennent des taxes. C'est la seule province qui collecte ses propres impôts provinciaux sur le revenu des habitants au lieu de laisser la collecte au gouvernement fédéral. Les accords de partage fiscal entre la province et le gouvernement fédéral représentent environ un cinquième du revenu du gouvernement provincial. La plupart des autres revenus de la province provient des frais de licence et de permis ainsi que de la vente de spiritueux (qui est contrôlée par le gouvernement au Québec).

Population

Le Québec compte environ 6 899 000 habitants.

Environ 80 % de la population vivent dans les grandes villes et les villes moyennes, et près de la moitié des habitants vivent dans la région métropolitaine de Montréal.

Environ 90 % des Québecois sont nés au Canada. La plupart d'entre eux sont des Canadiens français. Presque tous sont des descendants des colons français qui ont immigré dans cette région aux 17ème et au 18ème siècles. Un grand nombre de personnes sont également d'origines française, anglaise, irlandaise, écossaise et américaine. Montréal accueille également des communautés importantes de Chinois, de Grecs, d'Haïtiens, de Jamaïcains et de Vietnamiens.

Gouvernement

Le Canada est une fédération d'Etats. Son régime politique est une monarchie parlementaire formée de 10 provinces et deux territoires. Le gouvernement canadien est composé de deux chambres - la Chambre des Députés qui comprend 295 membres élus et le Sénat qui comprend 104 membres nommés. Le Canada est un Etat fédéral. Le pouvoir est partagé entre les gouvernements nationaux et provinciaux. Le gouvernement fédéral, qui siège à Ottawa, est chargé notamment de la défense nationale, des affaires et du commerce étranger, du système bancaire, du commerce, du droit pénal et de la pêche. Les gouvernements provinciaux possèdent un bon degré de pouvoir et sont compétents dans les secteurs de la santé, de l'éducation, des ressources naturelles et des routes nationales.

Le Lieutenant Gouverneur représente la Reine Elisabeth II au Québec. Il est nommé par le Gouverneur Général du Canada. Comme ce dernier, son rôle est purement honorifique.

Le Québec possède un gouvernement parlementaire. Le parti possédant le plus grand nombre de membres élus au Parlement compose le gouvernement. Le Premier ministre est le chef du gouvernement provincial. Il préside au Conseil exécutif ou Cabinet. Il est membre de l'assemblée législative et leader du parti majoritaire. Le Premier ministre et les autres membres de l'assemblée sont nommés par les électeurs. Le Conseil exécutif comprend 26 ministres choisis par le Premier ministre parmi les membres de son parti à l'assemblée. Chaque ministre dirige un département du gouvernement provincial. Si le conseil perd le soutien de la majorité de l'Assemblée, il doit démissionner.

La législature uni-camérale du Québec s'appelle l'Assemblée Nationale. Elle comprend 110 membres, choisis individuellement dans une circonscription électorale. Leur mandat est de 5 ans. Le Lieutenant Gouverneur peut, sur conseil du Premier ministre, organiser des élections avant la fin de la période des cinq ans. Dans ce cas, tous les membres de l'assemblée, y compris le Premier ministre, peuvent se présenter à nouveau aux élections. La législature se réunit au moins une fois par an, le plus souvent en novembre. La session prend fin lorsque toutes les questions ont été traitées.

Le gouvernement local du Québec siège dans les comtés qui comprennent les zones des cantons, des paroisses et des municipalités. Les maires de ces différentes communautés forment le conseil du comté. Les membres du conseil du comté ont leur propre président, appelé gouverneur. Toutes les grandes villes, les villes moyennes et les villages ont un gouvernement local composé d'un maire et d'un conseil.

Langue

Le Canada possède deux langues officielles: le français et l'anglais. Les deux langues sont utilisées sur les panneaux autoroutiers, les cartes, les brochures touristiques et tous les genres d'emballage. Outre l'anglais et le français, d'autres langues sont parlées par les immigrants, les Indiens indigènes et les Inuits.

La première langue d'environ 80 % des habitants du Québec est le français. Seulement 35 % parlent anglais. L'anglais canadien a été largement influencé par les Américains, en particulier par le biais des médias et de la publicité.

Il est toujours avantageux de connaître quelques mots et expressions en anglais.

Religion

Le plus grand groupe religieux au Québec est celui des Catholiques. Les autres grands groupes religieux sont membres de l'Eglise unifiée du Canada, de l'Eglise anglicane du Canada ou de confession juive.